La FEB a demandé à ses fédérations membres comment elles voient évoluer leur secteur à l’horizon 2030. Robert de Mûelenaere, CEO de la Confédération Construction, se projette dans l’avenir.

Éléments
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Robert de Mûelenaere
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En 2030, la ‘building information modeling’, l’intelligence artificielle, l’impression 3D, la construction modulaire et les drones seront aussi courants que le ciment et la truelle.

Auteur
ROBERT DE MÛELENAERE, CEO CONFÉDÉRATION CONSTRUCTION
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Des bâtiments intelligents, communicatifs et circulaires

Le secteur de la construction est confronté à une gigantesque révolution. Notre secteur, actuellement en pleine transition numérique, aura complètement changé dans dix ans. En 2030, la ‘building information modeling’ (BIM), l’intelligence artificielle, l’impression 3D, la construction modulaire et les drones seront aussi courants que le ciment et la truelle dans la construction. La digitalisation permettra aux entreprises de réduire leurs coûts de 5 à 10%. Ce sera tout bénéfice pour le client.

L’ancrage technologique est important pour la pérennisation des logements et des bâtiments. Autrefois, les maisons, appartements et bâtiments étaient de gros émetteurs de CO2. Aujourd’hui, les structures fortement rénovées ou les bâtiments neufs ont une consommation d’énergie neutre ou même positive, ce qui leur permet de fournir de l’énergie à des tiers. De plus, en 2030, les logements et les bâtiments seront plus intelligents et seront un élément clé de nos ‘villes intelligentes’. La notion de ‘housing as a service’ sera une réalité.

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Appartement modulaire et producteur d'énergie
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Construction modulaire

Aujourd’hui, de nombreux jeunes vivent seuls dans un studio compact. En 2030, ce studio sera modulable et pourra se transformer en un appartement plus vaste. La construction modulaire ne cesse de se développer. De plus en plus de robots ou cobots produisent des éléments de construction adaptables qui peuvent être assemblés sur chantier. En d’autres termes, les logements et bâtiments peuvent être adaptés en fonction de l’évolution des besoins. C’est une bonne nouvelle pour les familles monoparentales et les personnes isolées, toujours plus nombreuses. Sous la pression de la croissance démographique, le nombre de logements augmentera aussi.

 

Freiner l’exode urbain

En 2030, nous aurons reconstruit la ville, comme les Néerlandais le font déjà depuis des années. Disposant de peu de nouvelles zones habitables, nous aurons démoli le parc immobilier non adapté et nous l’aurons reconstruit ou rénové en profondeur. Les villes intelligentes dont les immeubles ont une consommation énergétique neutre ou positive sont des villes attractives pour y vivre et y travailler. Le secteur de la construction aura ainsi pu freiner en partie l’exode urbain et réduire le nombre de kilomètres domicile-travail.

Les immeubles intelligents privilégient l’habitant ou le travailleur. Leurs installations communiquent entre elles, avec les habitants/travailleurs et avec l’environnement. Elles assurent le confort à l’intérieur, par exemple en gérant l’éclairage et la température, mais aussi les performances énergétiques et la mobilité – en réservant des emplacements de parking ou en connectant les véhicules électriques aux points de recharge. De plus, ces installations gèrent également l’entretien de l’immeuble. Les entreprises de construction ne se contentent plus de construire un logement, elles en suivent aussi l’utilisation.
 

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Les déchets de construction et de démolition seront des matières premières importantes. Les techniques de construction circulaires sont extrêmement positives pour l’environnement.

Auteur
ROBERT DE MÛELENAERE, CEO CONFÉDÉRATION CONSTRUCTION
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Inspecteur agréé de la condition des bâtiments

Comme les entreprises de construction s’occuperont aussi de l’entretien, elles réagiront de manière plus proactive, alors qu'auparavant elles agissaient de manière réactive afin de réparer ou remettre en état. En 2030, un « inspecteur agréé de la condition des bâtiments » préviendra les problèmes. Il ou elle évaluera l’état d’un bâtiment selon une méthode normalisée et planifiera l’entretien en concertation avec le propriétaire. De plus, la majorité des entreprises de construction travailleront avec des acheteurs circulaires. Les déchets de construction et de démolition deviendront en effet des matières premières importantes. Ces techniques de construction circulaire se révèlent effectivement très positives pour l’environnement.

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BIM
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Dakdekker aan het werk
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As Carousel
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Maçon versus pilote de drone

Il va de soi que les métiers traditionnels de la construction subsisteront en 2030. Les chantiers ne pourront se passer de maçons, plafonneurs, menuisiers, plombiers, électriciens, etc. Mais une série de métiers auront changé, pris de l’importance ou percé à la suite de l’évolution technologique et de la digitalisation, du développement de nouvelles activités dans la construction et des tendances spécifiques de la société. En 2030, le spécialiste de la réalité virtuelle, le concepteur d’apps, le technicien domotique, le pilote de drones, le manager, le coordinateur et le modeleur BIM seront tout aussi indispensables que le couvreur ou le chauffagiste.

 

Marche pour le climat

Qui se souviendra encore des marches pour le climat de 2019 ? Les jeunes appelaient le pays à faire plus d’efforts pour garantir la durabilité et la viabilité de notre planète. Le secteur de la construction aura fourni de nombreuses solutions environnementales. Il aura fait comprendre aux jeunes inquiets de l'avenir que ceux qui prônent la durabilité doivent venir travailler dans la construction. De cette manière, ils contribueront à endiguer les énormes émissions de CO2 des logements et des bâtiments et à développer des solutions énergétiques positives. En 2030, nous aurons le plaisir de voir que de nombreux jeunes auront pris conscience de ce que le secteur de la construction est un partenaire dans la lutte pour la planète et qu’ils peuvent travailler avec nous pour fournir à notre pays des logements et immeubles qui contribuent à améliorer le climat.  

En bref, le secteur de la construction n’est jamais à l’arrêt, il évolue constamment et recherche à tout moment des solutions pour contribuer de manière positive et constructive à relever les défis de notre société.
 

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