La FEB a demandé à ses fédérations membres comment elles voient évoluer leur secteur à l’horizon 2030. Luc Bontemps, CEO de la Fédération belge de l’industrie de l’automobile et du cycle, se projette dans l’avenir.

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L’avenir du secteur automobile empruntera deux trajectoires : un important parc de véhicules privés, complété par des voitures utilisées comme ‘solution partielle’ dans le cadre d’un service de mobilité multimodal

Auteur
LUC BONTEMPS, CEO FEBIAC
Texte

L’avenir de la mobilité 

La mobilité se situe à la croisée d’une série de défis que notre société veut et doit relever avec succès. Le climat est sans doute le thème le plus marquant aujourd’hui, mais il n’est pas le seul. Comment réduire l’impact de la mobilité sur la qualité de l’air ? Comment limiter autant que possible le nombre d’accidents et de victimes ? Comment garantir une mobilité abordable et efficace pour tous et comment faire en sorte que l’espace public reste aussi libre et fluide que possible ? Au cours de la prochaine décennie, des changements et améliorations majeurs seront apportés pour chacun de ces défis.

Qui dit secteur automobile, dit évolution, changement et amélioration. Le secteur affiche les investissements de R&D les plus élevés parmi tous les secteurs économiques en Europe. Cela se traduit par une évolution et une amélioration constantes de ses services et produits. Ces évolutions et ces nouvelles opportunités connaissent une accélération incroyable grâce à la convergence croissante avec d’autres secteurs tels que la communication de données et l’énergie. 

Éléments
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Personne qui recharge sa voiture électrique
Description
©belga
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Hydrogen refueling station
Description
©belga
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Voiture 'PARTAGO"
Description
©belga
Type
As Carousel
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FEBIAC, la fédération belge et luxembourgeoise de l’industrie de l’automobile et du cycle, distingue trois évolutions décisives qui transformeront notre mobilité – et donc les entreprises qu’elle représente – de manière radicale et durable d’ici 2030. 

  1. Vers zéro émission

    Premièrement, il y a l’évolution vers des véhicules à émissions ultra-faibles et nulles. L’adoption de technologies ultra-propres est une nécessité tant dans la lutte contre le changement climatique d’origine humaine que dans la lutte contre la pollution atmosphérique. C’est pourquoi de plus en plus de constructeurs jouent la carte des véhicules électriques à batterie. L’offre de voitures électriques ou à assistance électrique ne cesse de croître. Les véhicules à hydrogène se font progressivement une place et jouissent d’une perspective d’avenir de plus en plus prometteuse.

    De plus, le moteur à combustion n’a pas encore dit son dernier mot. La purification des gaz d’échappement est extrêmement efficace aujourd’hui. L’Europe exige que la consommation de carburant et les émissions de CO2 continuent de diminuer. De plus, les carburants bas carbone issus de sources renouvelables offrent une nouvelle perspective pour le moteur à combustion interne. Bref, en 2030, le marché des voitures neuves et le parc automobile roulant seront beaucoup plus diversifiés que le marché actuel dominé par l’essence et le diesel. 
     

  2. Connecté et automatisé

    Un deuxième changement fondamental est l’émergence de véhicules connectés et (partiellement) automatisés. Les voitures modernes sont de plus en plus actives : elles scannent l’environnement, informent et aident le conducteur, assurent certaines tâches. Songeons au stationnement autonome et à la conduite (partiellement) autonome. Dans un avenir proche, les véhicules communiqueront activement entre eux et avec l’infrastructure routière et coordonneront leurs actions. Le grand avantage est que le trafic sera beaucoup plus homogène et fluide. Cela aura un impact positif sur la consommation de carburant et d’énergie et donc sur l’environnement. L’énorme potentiel de la sécurité routière est tout aussi important. La technologie de communication intelligente, les véhicules connectés et la conduite autonome rendront possible la vision à risque zéro du secteur automobile, un trafic sans accidents mortels.

  3. La voiture partagée

    Enfin, la voiture partagée permettra de réduire l’occupation de l’espace public. Dans les environnements urbains en particulier, les projets de partage permettent de répondre à la demande de mobilité de chacun avec un moins grand nombre de véhicules qu’aujourd’hui. Le passage de la possession d’une voiture à son utilisation peut aussi favoriser l’accessibilité et le caractère abordable de la mobilité (automobile).

    Le secteur s’engage en faveur de la mobilité individuelle pour tous et continuera à le faire, malgré la "technologisation" poussée de ses produits. Le transport organisé collectivement ne pourra jamais être une réponse aux besoins de chacun, certainement pas à une époque où la complexité et l’imprévisibilité de nos déplacements augmentent. Quoi qu’il en soit, tout semble indiquer que l’avenir empruntera deux trajectoires : un important parc de véhicules privés, complété par des voitures utilisées comme ‘solution partielle’ dans le cadre d’un service de mobilité multimodal.

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L’avenir modifiera toute la chaîne de valeur du secteur automobile, depuis le développement et la production jusqu’à la vente et au service après-vente 

Auteur
LUC BONTEMPS, CEO FEBIAC
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Défis pour l’avenir

Ces trois évolutions ne posent pas uniquement des défis technologiques aux constructeurs automobiles. Elles modifient aussi toute la chaîne de valeur, depuis le développement et la production jusqu’à la vente et au service après-vente. Les véhicules à moteur électrique, par exemple, nécessitent beaucoup moins d’entretien que les voitures à moteur thermique, ce qui modifie le modèle économique du concessionnaire. De même, les voitures intelligentes qui ne font plus de collisions ne doivent plus être réparées.

Il n’y a pas que le modèle commercial de la voiture et de son utilisation qui change. Ainsi, l’alimentation en électricité, la sécurité énergétique et la production d’électricité verte se situent en dehors de la sphère d’influence du secteur automobile, mais sont néanmoins déterminantes pour son évolution vers des véhicules « zéro-émission ». C’est pourquoi il est extrêmement important que le secteur automobile et l’acheteur de voiture reçoivent des garanties concernant, entre autres, l’infrastructure de recharge et la sécurité d’approvisionnement. Sinon, notre secteur fera un effort qui ne lui permettra pas de gagner la confiance du client si celui-ci choisit la voiture électrique.

Enfin, l’émergence des véhicules “zéro-émission” et connectés nécessitera un changement et un élargissement des connaissances et des compétences. Aujourd’hui déjà, la formation des futurs travailleurs de notre secteur doit se concentrer sur les évolutions que nous voyons arriver à grande vitesse. Une fois de plus, la transition vers la mobilité de demain ne peut être dissociée de l’évolution de la société dans son ensemble.
 

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