La FEB a demandé à ses fédérations membres comment elles voient évoluer leur secteur à l’horizon 2030. Karel Baert, CEO de la fédération belge du secteur financier Febelfin, se projette dans l’avenir.

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Karel Baert
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Chacun dans son secteur, en collaboration avec le monde politique et les stakeholders, réalisons les démarches et investissements nécessaires pour concrétiser la société prospère que nous souhaitons tous pour 2030.

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KAREL BAERT, CEO FEBELFIN
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Selon Febelfin, la citation célèbre du professeur de management et auteur américain Peter Drucker “The best way to predict the future is to create it” est particulièrement appropriée, surtout pour une organisation comme la FEB. Chacun dans son secteur, ensemble et en collaboration avec le monde politique et les stakeholders, réalisons les démarches et investissements nécessaires pour concrétiser la société prospère que nous souhaitons tous pour 2030.
 

La société à l’horizon 2030    

Les germes des changements qui caractériseront la société en 2030 sont déjà présents aujourd'hui dans notre société.

La durabilité est un concept qui, au cours des prochaines années, va dominer les agendas et contraindra la société à faire un revirement durable considérable d'ici à 2030. Les émissions de CO2 produites par notre industrie seront plus faibles, les maisons mieux isolées, le parc automobile électrifié, etc. L'économie circulaire ne sera plus un concept (de niche) relativement neuf et novateur, mais il sera largement implanté dans plusieurs secteurs. Dès lors, le basculement de la possession à l'utilisation s'accentuera. Ce nouveau modèle de consommation aura un impact sur les produits ou services proposés par les entreprises et sur leur financement.
 

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Personne qui touche du doigt un cadenas virtuel
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Mais le changement sociétal le plus important sera la poursuite de la numérisation de la société. ‘The world will be digital in 2030’. Toutes les entreprises seront, dans une certaine mesure, des entreprises technologiques. Même si les technologies seront plus « humaines » et personnelles, tout le monde n'aura pas franchi le pas en 2030. Il est donc extrêmement important d'aider et d'accompagner les personnes qui ne sont pas encore familiarisées avec les canaux numériques afin d'améliorer leurs compétences dans ce domaine. La sécurité revêt également une importance capitale. En effet, les fondements de la société étant numériques, la cybersécurité sera de plus en plus importante. 

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Le secteur financier en 2030

Cette numérisation poussée aura un impact considérable sur le fonctionnement des acteurs dans le secteur financier. Nous attendons, d'ici à 2030, d'importantes modifications et évolutions dans le secteur financier, comme : 

  • Un nouvel écosystème financier, ouvert. Un écosystème de clients, de banques traditionnelles, d'acteurs fintech, de big tech (par ex. FATBAG : Facebook, Amazon, Tencent, Baidu, Apple, Google), d'institutions non bancaires, de concepteurs de logiciels, de contrôleurs et autres acteurs veillant à un écosystème ouvert et très compétitif.
  • Les institutions financières seront de plus en plus des entreprises technologiques (‘Digital is the foundation of the new Age bank’), ce qui nécessitera d’importants investissements informatiques en capacités numériques.
  • Les business models des banques reposeront sur des données comme matière première importante et les technologies auront une structure organisationnelle axée sur le numérique.
  • Le progrès technologique permettra de nouvelles formes de services financiers (par ex. dans les domaines des paiements, des crédits et des investissements) ; des créanciers peer to peer, des plates-formes de crowdfunding, des fintechs pour des transactions de valeurs, des conseils en investissement ou des opérations boursières.
  • Les partenariats stratégiques avec d'autres acteurs seront la règle. De nouveaux services, dans et hors du cadre des services financiers, seront proposés pour fidéliser les clients dans l'écosystème bancaire. 
  • Tous les acteurs auront une chose en commun : ‘customers are at the centre of their value proposition’. Sur le marché compétitif et fragmenté des services financiers, il sera crucial de garder le contrôle de la relation à la clientèle (importance croissante de la notion de ‘Return on Relationships(RoR)).
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Paiement via 'face ID'
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Les services financiers en 2030

‘Invisible banking’
Même si les questions bancaires constituent un élément essentiel dans la vie des clients, leur vie ne tourne pas autour de la banque. Les clients désirent des services qui s'intègrent parfaitement dans leur vie. Cela afin de bénéficier de services financiers souples, faciles, bien intégrés et rapides.

Les possibilités accrues offertes par les technologies numériques, comme l'analyse de données, les conversations basées sur la reconnaissance vocale, la reconnaissance faciale et l'intelligence artificielle permettront des services bancaires
« invisibles » (par ex. un client peut effectuer des achats dans un magasin grâce à la reconnaissance faciale, après quoi il quitte tout simplement le commerce et la somme correcte est ensuite prélevée de son compte bancaire. Le paiement à la caisse devient donc tout à fait invisible).
 

Services hyperpersonnalisés
Les services financiers seront fortement personnalisés et adaptés à la situation personnelle et au mode de vie du client. Ces services personnalisés (et le cross selling) seront rendus possibles par des technologies examinant (moyennant autorisation) le modèle de dépenses et dressant une analyse du comportement des clients. Cela leur permet de se sentir plus appréciés et aidés personnellement.

Les services seront dans une large mesure numérisés. L'accompagnement physique n'existera plus qu'en cas de conseils sur mesure (par ex. entreprises, gestion de patrimoine, décisions importantes dans la vie privée).

Le réseau physique d’agences bancaires, tel que nous le connaissons aujourd’hui, se réduira fortement. Les banques seront moins présentes dans le paysage urbain, mais elles conserveront un réseau d’agences (mobiles) entièrement dédiées aux services de conseil (plus complexes). L’aide pour les opérations de base sera de plus en plus souvent fournie à distance via un support technologique (allant des simples call centers aux applications en réalité augmentée).

L’évolution des services entraînera aussi des changements de profils professionnels et de conditions de travail dans le secteur financier. Il faudra davantage de profils IT & STEM (Science, Technology, Engineering, Mathematics) et les travailleurs devront être capables de s’adapter à un environnement concurrentiel et en mutation (permanente) rapide dans lequel l'apprentissage tout au long de la vie est une nécessité.

En ce qui concerne les moyens de paiement, nous vivrons en 2030 dans un monde avec moins cash. L’économie sera numérique dans la pratique, la part de marché des paiements électroniques augmentera encore fortement. Les pièces et les billets de banque continueront toutefois d’exister.

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Panneau 'survival'
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Survival of the fittest

En 2030, les acteurs financiers devront exceller par les services qu’ils offriront. Du fait de la concurrence accrue et du besoin constant d’investissements technologiques, seules les institutions les plus performantes et les plus flexibles survivront.

Les technologies et les thèmes qui se révéleront extrêmement importants à l’avenir sont : 

  • La ‘réalité digitale’ (‘réalité augmentée’, ‘réalité virtuelle’, internet des objets (IoT) ;
  • L’intelligence artificielle (surtout dans les domaines du service à la clientèle et de la fidélisation, des opérations de back-office, de la gestion des fraudes et des risques et de l'aide à la décision) ;
  • La blockchain ; 
  • La cybersecurité.
     
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On connaîtra en 2030 une véritable guerre des talents. Le secteur financier, d’autres secteurs et les pouvoirs publics auront un grand besoin de profils STEM.

Auteur
KAREL BAERT, CEO FEBELFIN
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Concurrence mondiale accrue

Dans cet écosystème caractérisé par différents types d’acteurs et une concurrence internationale croissante (institutions américaines, chinoises, indiennes…), la concurrence aura encore plus d’impact qu’aujourd’hui. Pour que les acteurs belges puissent encore être à la hauteur de cet environnement concurrentiel en 2030, il faut un cadre belge et européen approprié en termes de compétitivité internationale (level playing field fiscal, suppression des obstacles aux marchés d’autres pays, législation du travail flexible et moderne…). 

La cybersécurité restera un risque sociétal important et sensible en 2030. Les exigences de sécurité seront strictes, de sorte que les institutions financières auront besoin de moyens considérables pour pouvoir répondre aux exigences les plus strictes. 

Enfin, on connaîtra en 2030 une véritable guerre des talents. Le secteur financier, d’autres secteurs et les pouvoirs publics auront un grand besoin de profils STEM. Selon toute vraisemblance, la demande de ces profils dépassera largement l’offre nationale, entraînant une concurrence entre les secteurs et des emplois restant vacants.
 

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