La FEB a demandé à ses fédérations sectorielles membres comment elles voient évoluer leur secteur à l’horizon 2030. Hervé Camerlynck, CEO de FEBELCEM, qui regroupe les entreprises cimentières en Belgique, se projette dans l’avenir. 

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Hervé Camerlynck
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Dans un monde en pleine mutation, l’industrie cimentière a un rôle capital à jouer dans l’atteinte des objectifs de réduction des émissions de CO2 à l’horizon 2030 et de neutralité carbone à l’horizon 2050

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HERVÉ CAMERLYNCK, CEO FEBELCEM
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Habitations en béton
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Bâtiment en béton
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Vision à l’horizon 2030 du secteur cimentier

L’augmentation exponentielle de la population depuis le début du XXe siècle a eu comme résultat la construction massive et à grande échelle de logements. Pour éviter l’étalement urbain, conserver les espaces verts et répondre aux enjeux de mobilité, il est devenu essentiel de construire en hauteur. C’est là que le béton est devenu un matériau incontournable. 

De plus, l’augmentation de la population nécessite également la construction d’une multitude d’applications essentielles au bon fonctionnement de notre société, comme les infrastructures de gestion de l’eau (stockage d’eau potable et épuration des eaux), les pistes cyclables, les ouvrages d’art, l’aménagement des espaces publics, etc. Ne plus construire en béton n’est donc pas réaliste, ni en Europe ni dans le reste du monde où l’évolution démographique est la plus importante.

Le béton joue un rôle essentiel dans la décarbonation de notre société en offrant des logements durables, à faible consommation énergétique et accessibles à tous, ainsi que des infrastructures permettant le développement de la mobilité douce ou encore la production d’énergies renouvelables. Il est par ailleurs indéniable que des efforts doivent se faire au niveau même de la fabrication du matériau, en particulier pour son composant le plus énergivore : le ciment.

Bien que le ciment soit connu depuis l’Antiquité, l’innovation constitue la fierté de notre secteur. Dans la continuité de ses actions en faveur d’une empreinte carbone sans cesse en diminution, l’industrie cimentière européenne, par le biais de son Association « CEMBUREAU », a publié en mai 2020 sa Roadmap 2050, décrivant comment elle compte diminuer ses émissions de CO2 à l’horizon 2030 et atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. 

Au niveau belge, l’intensité carbone a diminué de 25% au cours des quinze dernières années et l’industrie cimentière entend bien réaliser sa part dans les objectifs ambitieux que s’est fixés la Région wallonne pour 2030.

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Personne qui tient une version miniature de la planètre Terre au creux de  ses mains
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Un acteur majeur et précurseur dans l’économie circulaire

Avec près de 60% de parts de combustibles alternatifs dans son mix énergétique, le secteur cimentier est un acteur majeur et précurseur dans la récupération et la valorisation de combustibles de substitution et de matériaux secondaires, par exemple la biomasse-déchet (30% du fuel-mix des cimenteries belges). Le granulat calcaire constitue la principale matière première du processus de fabrication du ciment. Deux tiers des émissions de CO2 sont dus à la décarbonatation de celui-ci. Parmi les mesures mises en place : la substitution de matières premières par des flux alternatifs ou des sous-produits déjà décarbonatés qui possèdent un apport minéral utile (cendres volantes, laitier de haut-fourneau, sables de concassage, béton cellulaire).

De plus, l’intégration de matériaux secondaires déjà décarbonatés comme substitut du clinker, composant principal du ciment, permet de réduire les émissions de CO2 et la consommation d’énergie liées à la fabrication du ciment, tout en conservant ses propriétés hydrauliques et mécaniques. Le laitier de haut-fourneau et les cendres volantes sont des matériaux utilisés depuis près d’un siècle, mais d’autres substituts sont maintenant envisagés. C’est ce que l’on appelle les ciments composés.

Enfin, en complément aux ciments composés, le secteur cimentier étudie également les possibilités de production de nouveaux types de ciments et clinkers issus de procédés de fabrication beaucoup moins énergivores (ex : basse température et compositions minéralogiques différentes). Leur déploiement au niveau industriel n’est pas encore assuré, mais cela n’est qu’une question de temps.

 

Efficacité énergétique

L’amélioration de l’efficacité énergétique des processus et des outils de production constitue un levier privilégié par l’industrie cimentière pour réduire son empreinte environnementale à l’horizon 2030 et, à plus long terme, à l’horizon 2050.

Pour réduire sa consommation électrique, le secteur investit régulièrement afin de doter les installations cimentières des meilleures technologies disponibles et imposées par l’Europe et les autorités compétentes. En Belgique, la consommation spécifique est d’environ 110 kWh/tonne de ciment, alors que la moyenne européenne tourne autour de 120 kWh/tonne de ciment.

En outre, l’amélioration des installations se poursuit et a permis de réduire les consommations en énergie thermique de moitié depuis les années ‘60.

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Capture, stockage et utilisation du CO2

L’industrie cimentière mène actuellement d’importantes recherches sur les technologies de capture du CO2 les plus adaptées à son processus industriel. La capture du CO2, son stockage et son utilisation constituent des options prometteuses visant à réduire drastiquement l’empreinte carbone du secteur.


À cet égard, le projet de recherche et d’innovation « LEILAC » (Low Emissions Intensity Lime And Cement), à financement européen, est en passe de clôturer avec succès sa première phase. Ce projet pilote de captage de carbone, mis en place à la cimenterie CBR-HeidelbergCementGroup de Lixhe (Visé), vise à démontrer la faisabilité de la captation séparée (et donc avec une grande pureté) du CO2 de décarbonatation.

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Le béton, un choix réfléchi et durable

Produire du ciment sert presqu’exclusivement à façonner du béton. Actuellement, le béton reste le choix le plus durable dans le panel des matériaux de construction. Ce propos doit être envisagé sur l’ensemble du cycle de vie d’un bâtiment ou d’une construction et au travers des trois piliers du développement durable.

Début 2018, les trois Régions ont lancé TOTEM, le ‘Tool to Optimise the Total Environmental impact of Materials in buildings’. Grâce à ce logiciel en ligne, les concepteurs peuvent évaluer objectivement l'impact environnemental de projets de construction complets. L'impact environnemental total est analysé sur la base des indicateurs CEN connus (cf. norme européenne 15804), complétés par une série d'indicateurs dits CEN+ (ILCD/PEF), qui caractérisent différents volets de l’environnement (réchauffement climatique, consommation d’eau, toxicité, acidification, biodiversité, etc.). Ce logiciel couvre l'ensemble du cycle de vie, depuis la phase de production des matériaux jusqu'au traitement des déchets de démolition. Le résultat est exprimé sous forme de coût en EUR par m² de surface brute au sol. La consommation d'énergie pendant la phase d'utilisation (exigences PEB ou standard passif) est également prise en compte.

Les études réalisées avec l’outil TOTEM apportent la confirmation objectivée que le béton est le matériau durable et performant par excellence permettant de répondre aux défis complexes de la croissance démographique et du climat.

Avec cet outil, la Belgique est l’un des précurseurs européens dans la promotion de l’application de l’analyse du cycle de vie (ACV) dans le secteur de la construction et dans l’objectivation et la diminution de son impact environnemental.

 

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