La FEB a demandé aux Premiers ministres des 25 dernières années comment ils ont vécu le débat sociétal. Herman Van Rompuy se penche sur la concertation sociale.

Texte

La concertation sociale se perpétue et elle renforce notre pays en temps de crise, estime Herman Van Rompuy, le Premier ministre qui a apporté sa force tranquille dans une période mouvementée.

En 2007, après les élections, le Roi m’a d’abord nommé explorateur, puis conciliateur et, enfin, formateur. Après une longue période de paralysie et de confusion, j’ai pu mettre un gouvernement en selle. J’ai ensuite été président de la Chambre. Fin 2008, après une nouvelle période très mouvementée, je suis devenu Premier ministre fédéral.

Ces onze mois en tant que Premier ministre ont été singuliers. La Belgique venait de traverser une année particulièrement turbulente. C’était la crise bancaire. Le gouvernement d’Yves Leterme avait subi des tensions énormes. Les accusations de tentatives d’influencer la justice ont fait trembler les fondations.

Mon arrivée a apporté une certaine tranquillité. Ma principale contribution a consisté précisément à ramener le calme dans les dossiers. La crise bancaire a amené les premiers grands dossiers sur la table.

La sentence prononcée par la cour d’appel fin 2008 au sujet de Fortis a remis ce dossier en question. La cour a jugé que les actionnaires auraient dû être consultés avant la vente de Fortis à BNP Paribas. La première assemblée des actionnaires début 2009 a rejeté la vente. La deuxième assemblée a accepté notre nouvelle proposition.

Éléments
Image
23_03_2009 : le Premier ministre Herman Van Rompuy (à gauche) rencontre les syndicats
Description
23_03_2009 : le Premier ministre Herman Van Rompuy (à gauche) rencontre les syndicats.
Type
As List
Texte

L’autre dossier – le deuxième sauvetage de KBC – a abouti en mai. La banque KBC avait déjà reçu une aide de plusieurs milliards, mais par la suite il est apparu qu’il y avait encore un portefeuille de 22 milliards de produits très toxiques. Nous avons repris ce dossier à notre compte pour y apporter une solution et ramener le calme.

Le dossier de l’introduction du chômage temporaire ou économique pour les employés, négocié avec les partenaires sociaux, aurait pu donner lieu à de fortes tensions, mais ce ne fut finalement pas le cas. Ce régime existait déjà depuis longtemps pour les ouvriers. L’objectif était de mettre en place un système comparable pour les employés. J’ai approché Luc Cortebeeck (ACV) pour sonder la position de son syndicat. La vice-Première ministre PS Laurette Onkelinx et le président du PS Elio Di Rupo ont approuvé la proposition dès que leur syndicat, la FGTB, a marqué son accord. La FEB était heureuse de l’adoption de ce régime.

Éléments
Image
Type
As List
Quote

La concertation sociale fonctionne par à-coups, en tirant et en poussant, mais elle fonctionne

Auteur
HERMAN VAN ROMPUY, ANCIEN PREMIER MINISTRE
Texte

Implication

Durant les 541 jours de la crise gouvernementale de 2010-2011, on a affirmé que la Belgique pouvait mieux supporter une longue crise gouvernementale fédérale qu’un autre pays. C’est exact pour deux raisons : les gouvernements de nos entités fédérées règlent un grand nombre de compétences. S’ils ne sont pas en crise simultanément – c’était avant que les élections ne coïncident –, ils peuvent résoudre de nombreux problèmes et stabiliser la situation. La deuxième raison est la concertation sociale. Celle-ci fonctionne toujours et apporte légitimité et stabilité. Je sais qu’elle fonctionne par à-coups, mais elle fonctionne.

L’implication revêt une grande importance. Les partenaires sociaux ont été peu impliqués dans les dossiers bancaires. Par contre, ils ont été impliqués dans les autres dossiers socio-économiques.

0