La FEB a interrogé 25 figures clés issues du monde entrepreneurial et politique belge sur l’impact de 25 moments charnières sur notre évolution économique. Ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine se penche sur la réforme des pensions.

Texte

Départ à la pension et espérance de vie ne sont plus en phase

La question des pensions et de leur coût pour les finances publiques préoccupe les gouvernements depuis des dizaines d’années. Ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine a travaillé sur un nouveau mode de calcul des pensions, basé sur un système à points.

Le gouvernement Michel avait décidé de se saisir du dossier. Première mesure phare : porter l’âge légal de la pension à 66 ans (en 2025) puis 67 ans (en 2030). Deuxième : renforcer les conditions d’accès à la retraite anticipée. Ces décisions s’accompagnent d’une condition : définir les métiers lourds, pour prendre en compte la pénibilité dans le calcul des futures retraites.

« La réforme des pensions est née de la volonté de tenir compte d’une réalité, d’une nécessité et d’une responsabilité », affirme Daniel Bacquelaine pour commencer. La réalité veut que l’espérance de vie augmente depuis un siècle mais l’âge de sortie du travail n’est plus en phase avec cette augmentation de l’espérance de vie. La nécessité d’une réforme est également liée à la démographie : le papy-boom a fortement fait augmenter le nombre de pensionnés.

Si les gens continuent à travailler 32 ans et qu’ils bénéficient ensuite d’une pension de la même durée alors que le nombre d’actifs diminue progressivement, il y a un problème.
 

Éléments
Image
Personnes en miniature : vieilles personnes au-dessus de la pile de monnaie. Représente la planification de la pension.
Type
As List
Texte

Garantir un système de pensions viable

Il y va de notre responsabilité. Nous devons garantir un système de pensions viable. Nous voulons laisser à chacun le soin de constituer son avenir comme il l’entend. Avec la pension à points, chacun participe personnellement au choix portant sur une période importante de sa vie. Ainsi, la suppression de la limite d’unité de carrière permet de continuer à se constituer des droits à la pension après 65 ans. 

Nous avons fait le choix de prolonger la période d’activité plutôt que de diminuer le montant des retraites comme l’ont fait d’autres pays. Nous ne voulions pas non plus augmenter les cotisations sociales ni les taxes. Notamment pour ne pas attiser, à terme, le conflit entre les générations.

Éléments
Image
Federal Minister and Chaudfontaine mayor Daniel Bacquelaine pictured during a session of the Publifin inquiry commission at the Walloon Parliament, on Friday 14 April 2017, in Namur.
Type
As List
Quote

D’ici à 2060, on observera une augmentation du niveau moyen des pensions d’entre 2,2 et 7,3 %.

Auteur
DANIEL BACQUELAINE, MINISTRE DES PENSIONS
Texte

Hausse du niveau des pensions

Allongement de carrière et hausse du niveau de pension iront de pair. Selon le Bureau fédéral du Plan, d’ici à 2060, on observera une augmentation du niveau moyen des pensions d’entre 2,2 et 7,3 % selon les régimes, en raison de l’augmentation des carrières, de l’enveloppe bien-être (900 millions), de la généralisation des pensions complémentaires… Sans compter l’inflation et les indexations.

Le monde de l’entreprise a pris la mesure des enjeux économiques de la réforme. Le monde syndical s’y est en revanche farouchement opposé. Nous avons créé un Comité national des Pensions destiné à faciliter la concertation. Mais c’est le gouvernement qui donne les orientations et prend les décisions. 

0