Le travail, la planète et l’environnement, la mobilité, l’Europe,… changent constamment et rapidement. Entrepreneurs et employeurs sont confrontés à des transformations contraignantes et radicales de leur écosystème économique et social. Comment les organisations patronales envisagent-elles l’avenir proche et lointain ? La FEB a rassemblé les ténors autour de la table et leur a posé la question. Cet article porte sur le thème « Mobilité ».

Éléments
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Pieter Timmermans, administrateur délégué FEB
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©Triptyque / Pieter Timmermans, administrateur délégué FEB
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Bernard Gilliot, ancien président FEB
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©Triptyque / Bernard Gilliot, ancien président FEB
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Wouter De Geest, président Voka
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©Triptyque / Wouter De Geest, président Voka
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Hans Maertens, administrateur délégué Voka
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©Triptyque / Hans Maertens, administrateur délégué Voka
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Marc Decorte, président Beci
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©Triptyque / Marc Decorte, président Beci
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Olivier Willocx, administrateur délégué Beci
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©Triptyque / Olivier Willocx, administrateur délégué Beci
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Jacques Crahay, président UWE
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©UWE / Jacques Crahay, président UWE
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Olivier de Wasseige, administrateur délégué UWE
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©Triptyque / Olivier de Wasseige, administrateur délégué UWE
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Bart De Smet, président FEB
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©Triptyque / Bart De Smet, président FEB
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As Carousel
Texte

Mobilité → vision et action

 

La paralysie de la mobilité hypothèque-t-elle l'attractivité de notre pays comme plaque tournante logistique en Europe, comme lieu d'implantation pour les investisseurs étrangers ?

Pieter Timmermans (administrateur délégué FEB) : « Sans vision, pas de stratégie. Sans stratégie, pas de plan d’action. Le manque de vision existait déjà en 2000 et il existe encore aujourd’hui. Chacun pense pouvoir résoudre le problème de la mobilité dans son coin. Notre pays n’ose pas réfléchir en termes d’adaptations structurelles ‘transfrontalières’ radicales de l’écosystème de mobilité. Qui ose encore évoquer le transport par pipeline ? Qui ose remplacer les lignes de train non rentables par des bandes de circulation pour les bus électriques ? Nous faisons toujours référence aux solutions adoptées dans d’autres pays. Mais lorsqu’il s’agit de trancher comme d’autres l’ont fait il y a vingt ans, nous sommes plus timides. Si le monde politique manque d’audace, les entreprises prendront l’initiative et mettront leur vision sur la table. On ne peut continuer à faire n’importe quoi. Nous ne pouvons accepter que les entreprises soient de moins en moins accessibles pour nos collaborateurs ou que les marchandises arrivent avec peine à destination. »

Olivier de Wasseige (administrateur délégué UWE) : « Il y a aussi des nouvelles positives. Le nombre de kilomètres parcourus en voiture stagne. Les managers de flotte automobile deviennent des managers de la mobilité, ils ont un impact positif sur la mobilité belge grâce à des interventions proactives et intelligentes. Grâce à la pression que les entreprises exercent – et devront continuer d’exercer –, le monde politique se met aussi en mouvement. Une étude réalisée pour le sud du pays montre en outre que la ‘congestion’ n’est pas un contre-argument décisif pour les investisseurs étrangers. Cela ne veut évidemment pas dire que nous ne devons rien faire. »

Olivier Willocx (administrateur délégué Beci) : « Si l’on examine la nécessité de se déplacer pour son travail au fil des générations, on constate que l’on est à peine plus mobile aujourd’hui qu’autrefois. Nous devons aussi nous interroger sur cette immobilité. Pourquoi les Belges sont-ils tellement attachés à leur lieu de résidence de sorte qu’ils continuent à faire des navettes et que leur consommation de mobilité croît de manière exponentielle ? »

Wouter De Geest (président Voka) : « Le Belge reste aussi trop cantonné dans sa vision. Il perçoit trop peu ou pas du tout les grands travaux d’infrastructure (par ex. la liaison Oosterweel) comme des investissements qui profitent à l’ensemble du pays et de l’économie. Cela impacte aussi la réalisation d’un vrai réseau intermodal dans lequel par exemple de courts trajets en train garantissent une correspondance avec la navigation intérieure. Il n’est pas normal que la logistique urbaine fonctionne encore comme au Moyen Âge où l’on pouvait décharger des marchandises en charrette à tout moment de la journée. Nous construisons toujours des lignes de métro sans y associer automatiquement un transport de marchandises. »

Olivier Willocx : « Personne dans ce pays ne semble comprendre ou vouloir comprendre la dynamique des flux de mobilité. La régionalisation n’a fait que renforcer le syndrome ‘not in my backyard’. Si le Ring d’Anvers ne se fluidifie pas, Binche en souffrira aussi à terme. Je me demande si notre pays dispose des experts adéquats pour envisager la question de la mobilité comme un écosystème intégral. »

Hans Maertens, administrateur délégué Voka : « Les entreprises peuvent-elles, comme pour le climat et l’énergie, être une partie de la solution du problème de la mobilité ? Par exemple : les organisations patronales peuvent-elles concevoir un plan pour doubler en cinq ans la capacité de la navigation intérieure qui est sous-utilisée ? Oui. Pouvons-nous mettre en place un masterplan réalisable pour l’approvisionnement logistique de la ville ? Oui. Nous devons faire l’exercice avec nos entreprises et mettre des solutions concrètes sur la table. Nous ne pouvons attendre jusqu’à l’achèvement de la liaison Oosterweel. »

Jacques Crahay (président UWE) : « Chaque jour, des millions de travailleurs se rendent à leur travail. Bien que le travail en ‘homeworking’ se développe, il reste des efforts considérables pour rendre ces déplacements beaucoup moins gourmands en énergie. Cela passera inévitablement par ce qui sera ressenti comme des contraintes : co-voiturage, utilisation des transports en commun, utilisation de modes de transport doux,… Puisqu’elles en sont la destination, les entreprises, avec l’aide des pouvoirs publics, peuvent proposer des solutions innovantes et attrayantes à leurs travailleurs et obtenir des résultats rapides. »

Dans le prochain chapitre de la table ronde, la FEB, Beci, UWE et Voka aborderont le thème suivant : « L' Europe ».

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