Le travail, la planète et l’environnement, la mobilité, l’Europe,… changent constamment et rapidement. Entrepreneurs et employeurs sont confrontés à des transformations contraignantes et radicales de leur écosystème économique et social. Comment les organisations patronales envisagent-elles l’avenir proche et lointain ? La FEB a rassemblé les ténors autour de la table et leur a posé la question. Cet article porte sur le rôle et l’importance de la société civile, le dernier chapitre de la table ronde.

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Pieter Timmermans, administrateur délégué FEB
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©Triptyque / Pieter Timmermans, administrateur délégué FEB
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Bernard Gilliot, ancien président FEB
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©Triptyque / Bernard Gilliot, ancien président FEB
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Wouter De Geest, président Voka
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©Triptyque / Wouter De Geest, président Voka
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Hans Maertens, administrateur délégué Voka
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Marc Decorte, président Beci
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©Triptyque / Marc Decorte, président Beci
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Olivier Willocx, administrateur délégué Beci
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Jacques Crahay, président UWE
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©UWE / Jacques Crahay, président UWE
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Olivier de Wasseige, administrateur délégué UWE
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Bart De Smet, président FEB
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©Triptyque / Bart De Smet, président FEB
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La société civile → une plateforme
 

L'impact des structures et plateformes établies risque-t-il de diminuer sous l'effet des manifestations thématiques, comme Sign for my Future, Ringland, les marches climatiques, etc. ?

Wouter De Geest (président Voka) : « La société civile est souvent associée à la rigidité, la fermeture, l’inefficacité des coûts… Or le monde évolue dans le sens d’une dynamique dans laquelle se renouvellent sans cesse les coalitions, les partenariats et les relations d’échange. Nous ne parlons plus avec une société civile ‘unique’, mais bien diverse. C’est une réalité que les entreprises apprennent peu à peu à gérer. Le défi consiste à nous détacher de ‘l’ancien’ système sans pour autant l’abandonner. Cela signifie aussi que les modèles existants de relations du travail, de concertation sociale, de collaboration… doivent changer
radicalement. »


Vers une collaboration intégrée entre les organisations patronales ?

Wouter De Geest : « Nous devons en fait travailler tous dans le même ‘cloud’, partager notre expertise et la mettre à disposition. Aujourd’hui, il y a trop de doubles emplois dans notre offre. Dans ce ‘cloud’, les entreprises doivent pouvoir trouver ce qu’elles attendent de nous, sur tous les thèmes possibles. La digitalisation, blockchain en tête, supprime les intermédiaires. Quelle est la logique de maintenir à tout prix des organismes de paiement par exemple (indemnités de maladie et invalidité, allocations de chômage…) ? Nous ne pouvons continuer à cultiver ce type de mécanismes. Les intermédiaires sans valeur ajoutée coûtent à la société beaucoup d’argent qui pourrait être affecté plus efficacement à d’autres objectifs. Cela peut sembler blasphématoire, mais les organisations patronales doivent aussi se réorganiser en fonction de ce nouveau monde numérique. Nous devons aussi nous réinventer et offrir une nouvelle UVP (Unique Value Proposition) aux entreprises. Le compartimentage en secteurs est-il encore d’actualité ? N’y a-t-il pas de plus en plus de nouvelles connexions entre secteurs ? Les start-up se demandent très souvent ce qu’elles ont à gagner quand on leur propose de devenir membre d’un secteur ou d’une organisation patronale. Nous devons convaincre ces jeunes entrepreneurs de notre valeur ajoutée commune et partagée. »

Pieter Timmermans (administrateur délégué FEB) : « Pourrions-nous naître aujourd’hui si nous n’existions pas ? C’est la question que nous devons nous poser chaque jour. Nous devons défendre les intérêts collectifs des entreprises, pas leurs intérêts individuels. Nous ne pouvons être utiles que si nous avons les connaissances et la qualité. Des chefs d’entreprise, expérimentés et débutants, s’adressent à nous et attendent que nous leur offrions une qualité supérieure. La connaissance ne peut déployer toute sa force que s’il existe une synergie maximale entre les experts de toutes les organisations de la société civile, sans prolifération de choses identiques. Enfin, nous devons mettre en commun cette expertise complémentaire et nos centres de connaissance et les offrir sur des plateformes ouvertes dans le ‘cloud’. »

Marc Decorte (président Beci) : « Dans dix ans, les frontières entre les secteurs seront totalement différentes. Il faut en finir avec l’excès de frais généraux. Notre système s’est révélé efficace pendant 100 ans, mais il doit changer pour le rester pendant les 100 prochaines années. Les secteurs deviendront des écosystèmes qui se connectent entre eux sur certains thèmes. Idem pour les organisations d’employeurs. »

Hans Maertens (administrateur délégué Voka) : « En langue des affaires, cela signifie product excellence (connaissance et qualité) et operational excellence (synergie et plateforme). N’oublions pas la customer (member) intimacy. Nos membres doivent nous apprécier. Aujourd’hui, nous sommes pour beaucoup ‘nice to have’, mais nous ne sommes ni un besoin ni un plaisir. Nous devons devenir des organisations abordables et empathiques et le montrer dans notre culture et nos valeurs. C’est aussi extrêmement important pour notre réputation auprès de l’opinion publique. Les groupements thématiques bénéficient d’une sympathie spontanée. Notre terrain d’action est beaucoup plus large et axé sur le long terme. Il nous est donc beaucoup plus difficile d’inspirer en permanence le respect et la sympathie. Les organisations d’employeurs ne sont d’ailleurs pas seules dans le cas. Toutes les autres associations de membres subissent la même pression. »

Wouter De Geest : « Je crois beaucoup dans ce fonctionnement en plateforme. Pensons par exemple à un centre d’excellence sur les réseaux sociaux, ou sur la formation continue et le recyclage, etc. Des plateformes par lesquelles nous pouvons offrir un gain manifeste aux chefs d’entreprise. »

Pieter Timmermans: « Les chefs d’entreprise vivent et travaillent dans le front-office. Nous devons travailler et investir dans le back-office, et mettre notre expertise à disposition du front-office de manière ouverte, conviviale et concrète. »

Olivier Willocx (administrateur délégué Beci) : « Nous devons aussi veiller à ce que nos ‘experts’ soient suffisamment mis au défi par le monde des entreprises et y soient ouverts. Il est particulièrement difficile de se distancier d’un modèle existant et de le mettre en question fondamentalement. Et plus difficile encore de convertir le changement en trajectoire
concrète. »

Jacques Crahay (président UWE) : « Le changement le plus fondamental dans notre mode de pensée sera de passer d’un mode linéaire à un mode complexe. Le mode linéaire donnait à un problème donné une solution en isolant les autres composantes. Le mode complexe considère, pour sa part, que tout est dans tout et qu’il faut considérer un problème particulier en relation avec l’ensemble. Ainsi, nos relations avec la société civile font partie de cet ensemble et nous devons décompartimenter nos expertises pour les mettre en relation avec l’ensemble. »

Bernard Gilliot (ancien président FEB) : « les organisations patronales doivent mettre leurs compétences davantage en commun et de manière transversale en y associant les entreprises pour proposer des solutions innovantes aux grands
défis. »

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« Nous aussi devons nous réinventer »
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Le nouveau président de la FEB Bart De Smet plaide à son tour pour une intensification de la collaboration entre les différentes organisations patronales.
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