Le travail, la planète et l’environnement, la mobilité, l’Europe,… changent constamment et rapidement. Entrepreneurs et employeurs sont confrontés à des transformations contraignantes et radicales de leur écosystème économique et social. Comment les organisations patronales envisagent-elles l’avenir proche et lointain ? La FEB a rassemblé les ténors autour de la table et leur a posé la question. Cet article porte sur le thème « Énergie & Climat ».

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Pieter Timmermans, administrateur délégué FEB
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©Triptyque / Pieter Timmermans, administrateur délégué FEB
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Bernard Gilliot, ancien président FEB
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©Triptyque / Bernard Gilliot, ancien président FEB
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Wouter De Geest, président Voka
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©Triptyque / Wouter De Geest, président Voka
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Hans Maertens, administrateur délégué Voka
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Marc Decorte, président Beci
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©Triptyque / Marc Decorte, président Beci
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Olivier Willocx, administrateur délégué Beci
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Jacques Crahay, président UWE
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©UWE / Jacques Crahay, président UWE
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Olivier de Wasseige, administrateur délégué UWE
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Bart De Smet, président FEB
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©Triptyque / Bart De Smet, président FEB
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Énergie & climat → une partie de la solution

 

Le monde des entreprises peut-il et veut-il concilier l’écologie, le social et l’économie ?

Bernard Gilliot (ancien président FEB) : « Les employeurs ont mis sur la table une vision et un plan énergie, mais les politiques n’ont pas réellement une vision long terme. Nous devons continuer à faire pression sur les responsables politiques pour les inciter à une politique énergétique intégrée et cohérente à tous les niveaux de pouvoir, y compris européen. En matière de climat, les objectifs et les engagements belges sont fixés et réalisables. On ne peut pas exiger uniquement plus du monde des entreprises, qui fait déjà des investissements importants, sans compromettre notre compétitivité. Les enjeux climatiques vont nous obliger à réconcilier l’économique et l’environnemental sans oublier
le social. »

Olivier de Wasseige (administrateur délégué UWE) : « Les organisations patronales sont un des partenaires importants dans ce domaine. Relever le challenge nécessite une véritable transformation des procédés et des investissements importants. Les entreprises innovent et investissent pour réduire leur empreinte carbone et celle des autres. Ce rôle doit être reconnu. Les politiques mises en place doivent aider les entreprises à saisir les opportunités qu’offre la transition, au bénéfice du développement économique et du climat. Pourtant, les efforts de l’industrie sont trop souvent qualifiés de greenwashing. Petites et grandes entreprises doivent nettement plus faire connaître leurs innovations. Le climat est une préoccupation qu’elles ont transposée en actes concrets bien avant que les jeunes ne manifestent massivement. L’industrie met tout en œuvre pour atteindre les objectifs européens 2030, mais la société doit avoir conscience que toutes les branches de l’industrie ne disposent pas des mêmes possibilités. C’est l’effort global qui compte. Pour cela, nous avons besoin du soutien des politiques, mais en réalité, chacun devra contribuer à la charge et au coût de la transition énergétique. »

Pieter Timmermans (administrateur délégué FEB) : « Le monde des entreprises s’est laissé acculer dans une position défensive. Nous devons renverser cette tendance et nous montrer plus offensifs. Il doit être clair que les entreprises ne sont pas le problème, mais bien une partie de la solution. Nous sommes des pionniers de la transition, pas des suiveurs. L’énergie et le climat sont des discussions tout en nuances. Il ne s’agit pas simplement d’être ‘pour ou contre’, c’est une recherche de solutions que nous ne laisserons pas entraver par des politiciens qui ne demandent pas mieux que de faire porter la totalité de la facture par les entreprises. Nous développons des solutions innovantes, mais nous négligeons effectivement de les faire connaître. »

Wouter De Geest (président Voka) : « On dirait que la société ne croit plus dans les connaissances et les capacités des entreprises. L’âge de la pierre n’a pas cessé parce qu’il n’y avait plus de pierres1.  L’homme a progressé en changeant sa façon de faire pas à pas et cette accumulation de changements lui a permis de progresser sans cesse. Cet optimisme du progrès a disparu alors que les entreprises continuent d’innover dans le but de faire toujours mieux. N’oublions toutefois pas que le ‘T’de transition signifie ‘temps’ en mathématique. Les solutions hâtives n’aident personne. La société, politiciens en tête, doit laisser aux entreprises le temps de réaliser des progrès raisonnés. Les solutions sont souvent très complexes et donc particulièrement difficiles à transmettre à l’ensemble de la population. Il est beaucoup plus facile de convaincre les gens que la meilleure solution consiste à ‘en faire moins’. Mais la réalité est différente. Avec près de dix milliards d’hommes sur terre en 2050, la consommation et les besoins d’énergie ne vont pas diminuer, mais bien augmenter. »

 

La transition énergétique n’est-elle pas un bel exemple de défi complexe relevé avec force ?

Marc Decorte (président Beci) : « De nombreuses entreprises travaillent en effet activement à la transition énergétique. Mais nous devons balayer devant notre porte, car de nombreuses entreprises font encore trop peu d’efforts pour avoir un réel impact. C’est au fruit que l’on juge l’arbre. On est encore loin du but. »

Wouter De Geest : « De plus, la facture énergétique n’est pas taxable à l’infini. Les gens se révoltent. Comment les entreprises peuvent-elles contribuer à réaliser la transition sans imposer encore plus de coûts (fiscaux) aux individus ? En misant sur des solutions win-win. Un exemple : l’efficacité énergétique des bâtiments offre encore un potentiel important. Pourquoi ne pas tirer de la rénovation un triple bénéfice : 1) améliorer l’efficacité énergétique, 2) créer de l’emploi dans la construction et 3) aider les gens qui ont plus de difficultés et ne peuvent se permettre des investissements énergétiques ? »

Olivier Willocx (administrateur délégué Beci) : « L’ambition internationale (et surtout européenne) en matière de climat est forte. Les objectifs assignés aux États européens en matière d’énergie – développement des énergies renouvelables, amélioration de l’efficacité énergétique et réduction des consommations –sont ambitieux. Notre État doit prendre sa part dans cet effort et s’inscrire dans le mouvement. Une économie qui consomme moins d’énergie et de ressources est une économie plus efficiente et plus forte. Mais il est exclu de se fixer des objectifs plus poussés que les objectifs européens dès lors que ni les coûts, ni les impacts ne sont appréhendés. Le débat sur le climat implique aussi de faire preuve de sens des responsabilités. Les émissions de CO2 ne s’arrêtent pas à nos frontières. Il ne suffit donc pas de fermer quelques entreprises intensives en CO2 ou de les délocaliser à l’étranger. »

Jacques Crahay (président UWE) : « À un terme de dix ans, nous aurons dû décarboner une part substantielle de notre énergie. C’est de loin le plus grand projet de transformation de l’économie occidentale que nous ayons connu ces 150 dernières années. Les efforts conjoints de toute la société et de tous les pays seront nécessaires pour passer à la vitesse supérieure. Les entreprises sont un des acteurs les plus influents dans ce projet, d’abord parce qu’elles sont directement concernées dans leur utilisation de l’énergie mais aussi parce qu’elles ont une influence considérable sur les comportements des individus : par les produits et services qu’elles proposent, par les relations avec leurs clients, par les formations de leurs travailleurs, etc., dans l’intérêt de tous leurs stakeholders, et de leurs shareholders aussi.

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« Les entreprises sont le moteur d’un progrès durable »
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Réponse de Bart De Smet
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Dans le prochain chapitre de la table ronde, la FEB, Beci, UWE et Voka aborderont le thème « Mobilité ».

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1 "The stone age did not end because humans ran out of stones. It ended because it was time for a re-think about how we live." – citation de l’architecte américain William McDonough dans ‘Eco-designs on future cities’ BBC News, 14 juin 2005

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