Le débat sur l’avenir est sans valeur si l’on ne donne pas l’occasion aux générations futures de s’y exprimer. Ce n’est pas nous, mais eux qui seront les employeurs, les entrepreneurs, les travailleurs, les syndicalistes, les responsables politiques, les décideurs, les scientifiques, les soignants... de demain. Ils souhaitent être entendus et nous souhaitons les écouter et apprendre. À l'occasion d'un « Futurathon », 25 jeunes se sont penchés pendant 25 heures sur les 25 prochaines années. Voici leur vision non filtrée sur le thème « Prospérité & Bien-être ».

Éléments
Video Embed
Type
As List
Texte

Le bien-être surpasse de loin la prospérité. Les jeunes sont unanimes sur ce point. Ils estiment que plus de bien-être conduit automatiquement à plus de prospérité. Pour y parvenir, il faut donner à l’être humain une place centrale, quels que soient son origine, son type ou son statut : « Viser l’intérêt général des personnes, c’est viser leur bonheur, et pas seulement celui de la majorité, mais aussi celui des minorités vulnérables ».

La société actuelle n’y parvient pas à cause de son approche conservatrice et égoïste du bien-être. Elle se cramponne aux valeurs et motivations occidentales qui ne semblent pas donner aux gens le droit d’être malheureux. On crée ainsi l’illusion d’une vie idéale qui pousse constamment à la performance tant dans la vie privée que dans la vie professionnelle. Les jeunes veulent casser cette illusion. L’heure est à une nouvelle mentalité, une nouvelle vision de ce qu’est vraiment le bien-être. 

Il est possible d’améliorer le bien-être de chacun en maximisant le bonheur général. Cela ne demande rien de sensationnel. Simplement une vie moins égocentrique et plus tournée vers la communauté. Apprendre à ressentir le bonheur dans les petites choses du quotidien. La satisfaction ne vient pas nécessairement de l’événement proprement dit, mais du chemin qui y mène. Si les gens parviennent à se sentir (plus) heureux, leur bien-être augmentera. « De plus, il est important d’évoluer vers un système mondial de bien-être qui ne se cramponne pas aux idées occidentales de performance et de succès économique. »

Quote

Un meilleur bien-être conduit automatiquement à une meilleure prospérité

Texte

Vers une prospérité économiquement stable

Selon les jeunes débatteurs, la prospérité est trop exclusivement considérée comme la résultante de la croissance économique. Les indicateurs de la prospérité, comme le produit intérieur brut ou l’indice de développement humain – qui mesure surtout la pauvreté, l’analphabétisme, l’enseignement et l’espérance de vie –, ne sont pas la panacée. Il faut de nouveaux indicateurs qui inscrivent le concept de prospérité dans un contexte plus large. Il faut de nouvelles visions qui ne reposent pas sur l’opposition centre-périphérie, les pays développés constituant le centre et les pays en développement la périphérie. Cette opposition pérennise la dépendance à l’égard des centres économiques.

Les jeunes rejettent fermement une société conduite par l’économie et axée presque exclusivement sur la maximalisation du bénéfice. En effet, ce modèle a creusé le fossé entre riches et pauvres, favorisé l’opposition centre-périphérie qui génère l’inégalité et la grande dépendance à l’égard des puissances ou centres économiques. « De plus, la croissance de cette prospérité basée sur le bénéfice se heurte à ses propres limites en raison des risques de surconsommation et de pollution et de l’absence de production écologique des biens et services. » Toutes les générations doivent reconnaître que les ressources naturelles sont limitées et que notre planète a des frontières. Trop souvent, les gens choisissent l’option la moins onéreuse et la plus facile, qui est rarement la plus durable à terme.

Éléments
Image
Photo de groupe des jeunes lors du Futurathon
Type
As List
Quote

Il n’est pas rare que nous choisissions le produit le moins cher sans nous interroger sur son origine

Texte

Les jeunes veulent des changements structurels pour une prospérité plus stable et une croissance économique différente. Ils constatent que les leviers actuels de la croissance sont limités et qu’une stabilisation économique s’impose. Ils identifient trois domaines d’action.

Ils ambitionnent un fonctionnement différent, mais réaliste, de la société de consommation. Réduire la consommation n’est pas une option, car au lieu de stabiliser l’économie, cela entraînera son effondrement. En revanche, on peut envisager un comportement d’achat intelligent et durable impliquant d’autres choix qui, à terme, pourront entraîner une limitation.

Ils proposent aussi que les pays organisent leur économie de manière plus indépendante, moins pilotée par les grandes puissances économiques. « De cette manière, on peut éviter les crises et chaque pays peut revaloriser son économie nationale par exemple en promouvant le commerce local indépendamment des marchés des actions. Pour y parvenir, il faut évidemment des structures de financement locales et sensiblement plus d’entrepreneuriat. »

Troisièmement, il semble souhaitable d’abandonner le principe de maximalisation des bénéfices et d’utiliser l’argent autrement. Donnons à chacun un capital minimum et stimulons le consommateur à choisir et à acheter durable et écologique. Les autorités peuvent augmenter les taxes sur les produits et les services non durables et soutenir explicitement la recherche d’innovations durables. Ces deux leviers motiveront les entreprises à considérer le développement durable comme un indicateur clé de performance.

0