Le débat sur l’avenir est sans valeur si l’on ne donne pas l’occasion aux générations futures de s’y exprimer. Ce n’est pas nous, mais eux qui seront les employeurs, les entrepreneurs, les travailleurs, les syndicalistes, les responsables politiques, les décideurs, les scientifiques, les soignants... de demain. Ils souhaitent être entendus et nous souhaitons les écouter et apprendre. À l'occasion d'un « Futurathon », 25 jeunes se sont penchés pendant 25 heures sur les 25 prochaines années. Voici leurs échanges sans filtres sur le thème
« Gouvernance & Organisation ».

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Gouvernance & Organisation

Le fonctionnement des pouvoirs publics et les différentes structures d’organisation de notre pays ne récoltent guère d’éloges. En ce qui concerne les pouvoirs publics, les jeunes sont même franchement pessimistes. Cela tient à la distorsion entre la situation démocratique et politique et les structures imposées qui ne donnent pas aux jeunes le sentiment de vivre en démocratie. Ils dénoncent aussi la lenteur, la complexité et la rigidité des processus juridiques et administratifs. Les lois sont jugées trop complexes, peu transparentes et rigides. « Nous sommes apparemment les seuls à penser cela. Les autres générations et les structures de la société ne s’opposent pas aussi fermement à la rigidité du système. Elles ont sans doute peur du changement. C’est un réflexe naturel, mais il entrave l’évolution des procédures et des modes d’organisation. » 

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La génération Y se préoccupe moins du bénéfice et plus du changement

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L’attachement aux modèles existants s’exprime aussi dans les entreprises et les organisations. Les jeunes comprennent évidemment le besoin de stabilité, mais ils rejettent la recherche presque constante et exclusive de maximalisation des bénéfices (dans la majorité des entreprises). On dirait que les entreprises veulent surtout garantir leurs bénéfices sans vraiment se soucier des conséquences pour l’avenir (lointain). Elles investissent beaucoup de temps, d’argent et de talent dans les valeurs actuelles de la société plutôt que dans les valeurs futures. « On offre à l’individu trop peu d’alternatives susceptibles d’améliorer la prospérité de chacun dans la société. Au contraire, les organisations et entreprises imposent leurs processus et leurs modèles à l’homme et à la communauté. Il est possible et indispensable d’agir autrement. »

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Mettre en phase le collectif et l’individuel

Le « pouvoir » peut être organisé de manière plus démocratique. Il faut privilégier les niveaux « micro » (processus locaux) et « macro » (processus mondiaux) plutôt que le niveau « méso » (processus des pouvoirs publics et des entreprises). Il faut donc veiller à mettre en place, d’une part, un système démocratique dans lequel la voix de chaque citoyen compte et, d’autre part, des organes de gouvernance qui défendent des intérêts au niveau global. L’objectif final : veiller d’en haut à un meilleur bien-être et procurer d’en bas les outils permettant des transformations effectives. La complémentarité du bottom-up et du top-down semble la manière idéale de mettre en phase l’intérêt collectif et l’intérêt individuel et de neutraliser les tensions entre ces deux pôles.

Cela ne signifie pas nécessairement que chacun doit penser de la même manière et adopter les mêmes solutions. Cela signifie par contre que chacun connaît les problèmes fondamentaux et tente de contribuer avec les autres à une ou plusieurs solutions. La mentalité actuelle d’indifférence doit évoluer vers un entrepreneuriat plus conscient, au sens large du terme. « En effet, les gens ne mettent réellement les changements en œuvre que lorsqu’ils ont le sentiment d’avoir contribué à ce changement. »
 

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 L’enseignement doit nous confronter beaucoup plus à la réalité de la société 

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Six points d’action

Pour permettre le passage de la théorie à la pratique, les jeunes proposent (au moins) six points d’action. 

  1. L’enseignement doit beaucoup plus jouer la carte de la prise de conscience et offrir des perspectives. Il faut abandonner les clichés et les stéréotypes pour mieux comprendre les problèmes actuels. L’enseignement doit aussi être le lieu où chacun apprend l’autonomie et ose jeter un regard critique sur lui-même, le monde et la connaissance acquise. L’enseignement doit contribuer à la mise en place de nouveaux modes de pensée et de nouveaux modèles de société en mettant l’accent sur la créativité, la pensée critique, la confrontation des visions et l’entrepreneuriat. 

  2. Il faut organiser la démocratie (le système politique) différemment. Les jeunes proposent de simplifier les partis et les niveaux politiques et de valoriser la participation et l’implication des citoyens de manière innovante. 

  3. Rigide, complexe et lent, le système judiciaire doit évoluer vers une nouvelle réalité. Il faut installer, dans chaque entreprise et dans chaque organisation, une commission éthique qui donne des avis généraux et formule des recommandations sectorielles à l’intention des travailleurs. De cette manière, on garantit le contrôle (citoyen) et on peut procéder aux corrections nécessaires et pertinentes pour le secteur.

  4. La loi économique de « l’offre et la demande » doit être réinventée. Aujourd’hui, la demande est surtout pilotée par une (sur) offre imposée par le marketing. Cela doit changer. Les biens de consommation sains et écologiques doivent devenir moins onéreux que leurs alternatives non saines et non écologiques. On peut y parvenir en stimulant la production locale et donc l’entrepreneuriat local. En plus d’être positifs pour l’empreinte écologique, les produits locaux sont aussi un stimulant pour la croissance économique et la plus-value du pays. 

  5. Une nouvelle répartition des taxes doit frapper plus lourdement les produits et services non éthiques et récompenser les initiatives durables qui créent de la prospérité. On encourage ainsi le consommateur à choisir des produits et services moins taxés, donc moins coûteux et plus durables, tandis que les entreprises et organisations investissent dans des alternatives fiscalement intéressantes. Les incitants publics peuvent renforcer cette conversion. 

  6. Les entreprises ont une responsabilité à l’égard des problèmes sociétaux éthiques – et plus particulièrement de leurs aspects sociaux et écologiques. Il faut concevoir des solutions à long terme durables, sans renverser le système existant. Bottom-up, le consommateur peut ignorer les solutions à court terme des entreprises et faire ainsi pression. Top-down, les autorités peuvent taxer davantage les produits ou services qui ne donnent des résultats positifs qu’à court terme. Les entreprises doivent s’approprier le réflexe de la durabilité innovante.

Découvrez aussi leur vision idéale du thème « Prospérité & Bien-être ».

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